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Si Seulement

Combien d’hommes et de femmes s’attendent encore, s’espèrent toujours, et rêvent pour l’éternité d’un retour qui tarde, qui tarde…

« Si seulement » est le résultat d’une action menée au collège du Vallon des Pins, à Marseille en 2014. Sur le thème douloureux de la déportation et de la Shoah, une chanson a été écrite en collaboration avec le professeur de Musique, Hélène Combe et les élèves, en particulier Marvin A. qui l’interprète. Le titre a été ensuite enregistré dans les Studios Hypérion à Marseille et nous lui espérons une longue carrière…

ADDENDA : nous avons reçu pour ce projet les félicitations de Jean-Jacques GOLDMAN.

J’ai bien compris la lecon

L’École Juive d’Aix-en-Provence m’a offert une belle surprise en me proposant de travailler avec les Cm1/Cm2 2014/2015 afin de leur faire écrire un texte sur le thème de la déportation, et pas uniquement sur la Shoah. Sortant de « Si seulement », j’avais peur d’être répétitif et de ne pas trouver un angle nouveau. Et c’est là qu’intervient la surprise : les élèves et leur professeur. Les élèves avec ce qu’on croit être de l’innocence alors qu’en fait c’est de l’intelligence, et leur professeur, Geneviève R., qui a su les amener à de profondes réflexions autour des valeurs de l’humain.
De la déportation, nous sommes allés vers la mémoire que l’on perd quand on devient adulte, et des erreurs que l’on reproduit alors que l’on s’était juré que non ! Les élèves parlent d’abord de leurs bêtises, avant de reprocher celles des adultes… Une belle leçon !
C’est un de mes plus beaux souvenirs parmi toutes mes interventions ! Merci !
Alors, nous avons travaillé plusieurs séances et voici le texte qui en est sorti, et qui sera lu/joué lors de prochaines cérémonies, ici et là :

 

J’ai bien compris la leçon.

Je me suis brûlé sur une plaque électrique.
J’avais posé ma main pour voir si c’était chaud.
C’était bien plus fort qu’une piqûre de moustique.
Quand j’y pense, j’ai de grands frissons dans le dos.
On t’avait dit de faire attention !
Moi, je voulais voir ce que ça fait !
Et maintenant, est-ce que tu crois que tu sais ?
Oui, moi, j’ai bien compris la leçon !

Je me suis trop approché du bord de l’étang
Et je suis tombé dans l’eau qui était glacée.
J’ai aussitôt crié bien fort « Papa, Maman ».
Le pire était que je ne savais pas nager !
On t’avait dit de faire attention !
Moi, je voulais voir ce que ça fait !
Et maintenant, est-ce que tu crois que tu sais ?
Oui, moi, j’ai bien compris la leçon !

J’ai sauté de la fenêtre comme Superman
Avec sa cape, mais je n’ai pas pu m’envoler.
En tombant, je me suis fait très très mal au crâne.
Heureusement que c’était du rez-de-chaussée !
On t’avait dit de faire attention !
Moi, je voulais voir ce que ça fait !
Et maintenant, est-ce que tu crois que tu sais ?
Oui, moi, j’ai bien compris la leçon !

Je me suis trop approché de la cheminée.
J’ai senti comme une odeur bizarre sur ma tête.
C’était mes cheveux qui commençaient à chauffer :
J’ai surtout senti que ça allait être ma fête
On t’avait dit de faire attention !
Moi, je voulais voir ce que ça fait !
Et maintenant, est-ce que tu crois que tu sais ?
Oui, moi, j’ai bien compris la leçon !

J’ai voulu réparer tout seul le grille-pain
Mais je n’avais pas coupé l’électricité.
Quand le tournevis s’est échappé de ma main,
Ça a fait une étincelle et j’ai sursauté !
On t’avait dit de faire attention !
Moi, je voulais voir ce que ça fait !
Et maintenant, est-ce que tu crois que tu sais ?
Oui, moi, j’ai bien compris la leçon !

Oui, moi, j’ai compris la leçon !
Et je ne recommencerai plus
Parce que je sais que ce n’est pas bon, que ce n’est pas bien

Oui, moi, j’ai appris la leçon !
Et je ne recommencerai plus
Parce que les erreurs, ça suffit !

Mais toi ?
Tu as fait la guerre et tu as refait la guerre.
Mais toi ?
Tu as fait du mal aux peuples et refait du mal aux peuples.
Mais toi ?
Tu as séparé des familles et re-séparé des familles.
Mais toi ?
Tu as oublié ce que tu avais appris et qu’il fallait ne plus faire.
Et toi ?
Tu dis que c’est toujours la dernière fois
Et puis tu recommences !
Parce que c’est l’autre qui aurait commencé ?
Tu connais la souffrance
Mais tu n’as pas peur de la distribuer.

Pourquoi, dis-moi, toi !
Tu n’as pas comme moi, retenu la leçon ?
Moi, si j’étais ton père ou ta mère,
Je te demanderais de ne plus faire,
De ne plus recommencer
Avant d’aller te coucher.

J_ai_bien_compris_la_lecon-EJAP

Sous France

Collège Félix Coquelle – Printemps des poètes 2012 – Dunkerque (Rosendaël)

PRINTEMPS POETES

Petits ateliers d’écriture de mots et d’idées
sur le thème : ENFANCES

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dirigés par Thierry Brayer, écrivain public avec
l’aide précieuse de Lily Blue,

à l’école primaire Félix Coquelle de Dunkerque-Rosendael
(Directrice : Dominique Blanckaert)

dans la classe de CM1/CM2 d’Élvire Senzier

Être un enfant il y a cent ans,
Rien d’amusant, rien d’amusant !
Être un enfant il y a cent ans,
Rien de génial, j’en suis conscient !

Je n’aurais pas aimé aller à la mine
Tous les jours que Dieu fait :
Pas de congés, ni de piscine,
Et surtout, jamais de jouets.

Risquer de s’asphyxier, de se geler,
De se perdre dans une galerie ?
Et ne jamais remonter :
Je ne crois pas en avoir envie. !

Être un enfant il y a cent ans,
Rien d’amusant, rien d’amusant !
Être un enfant il y a cent ans,
Rien de cool, j’en suis conscient !

Et ce n’est pas mieux pour les filles :
Toujours le ménage sans en voir la fin,
Ne connaitre que sa famille,
Pas le temps pour un petit copain !

Ne Respirer que la poussière,
Passer son temps à quatre pattes,
Vivre en permanence sous terre,
Et ne manger que des patates…

Être un enfant il y a cent ans,
Rien d’amusant, rien d’amusant !
Être un enfant il y a cent ans,
Rien de fun, j’en suis conscient !

Cent ans plus tard, je vais à l’école
Pour apprendre à devenir Grand.
Au lieu de descendre, je m’envole
Vers un monde plus marrant

Être un enfant, un enfant d’ici
C’est une chance, vraiment !
Car nous avons presque tous aujourd’hui,
Une bonne mine, heureusement !

Par les CM1/CM2 :
Enzo, Darius, Dragos, Samuel, Marius, Moïse, Vincent, Quentin, Cynthia, Jade, Marie et Eugénie.

Le regard qui fait grandir

1 600 enfants des écoles privées du diocèse de Marseille ont chanté « dans un regard » au palais des congrès du parc Chanot et au Dôme de Marseille dans le cadre de ECOLENJOIE

Écoutez la chanson en entier :

La vie et ses éléments

Élèves de GS, CP et CE1 (120 élèves en tout)
École du SACRÉ-COEUR ROUCAS (Marseille)

Écrire une chanson avec des tout petits. L’on part d’une idée belle comme la « Vie » et on la décline en 5 parties :

  • la Terre,
  • l’Homme,
  • le Feu,
  • le Vent
  • l’Eau

Chansons interprétés par Chiara MANUGUERRA (12 ans)

Souffle-moi !

Les hommes

Rendez-moi mon pôle nord

Passeur de feu

Pas de ma faute

Je suis un enfant d’Ulysse

Objectifs pédagogiques du projet : découverte du milieu maritime, initiation aux manœuvres et apprentissage conduite voile (travail sur la coordination, la psychomotricité, l’équilibre, la mémorisation, la communication, le travail d’équipe, l’attention, l’appréciation des situations et de stratégie, l’autonomie, le repérage proche et lointain,  etc. ), développer l’estime de soi, la relation à l’autre, développer l’autonomie ( prise de responsabilités, perception sensorielle, latéralité, repérage proche et lointain), développer la relation à l’autre (coordination et solidarité, entrer en communication avec l’autre, accepter un travail dans un groupe), repères spatio-temporels, exploitation de l’expérience en amont par la maitrise de la langue française.

Projet piloté par Corinne Garcia-Léonetti
professeur au Lycée Professionnel Émile ZOLA à Aix-en-Provence
grâce au partenariat de la région PACA
et de Voile Impulsion
Atelier d’écriture dirigé par Thierry Brayer

Ont participé à ce projet et à l’écriture : Anaïs, Charlotte, Éva, Damien, Guiseppe, Morganne, Nicolas et Rémi.

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Je suis un enfant d’Ulysse

Je m’appelle Ulysse et je reviens de loin,
D’un temps où les bateaux n’étaient peuplés que de marins.
Je n’allais pas à droite, mais à tribord,
Je n’allais pas à gauche, mais à bâbord.
Je n’avais pas de chambre, mais une cabine,
Et dans mon carré, je mangeais thons et sardines.
Vraiment, que le monde était si beau
À travers la petite vitre de mon hublot.
J’ai navigué sur tant de mers
Bien plus grandes que l’étang de Berre !
À l’époque, je transportais des épices,
De la viande séchée, du rhum, du maïs.
J’explorais au hasard d’autres pays
Pour rapporter des trésors, des tissus, des habits.
Il y avait encore des îles désertes,
Je me laissais guider par ma girouette !
Aujourd’hui, il n’y en a plus une seule,
Toutes répertoriées par vos satellites et Google.
J’ai démarré plus d’un bateau
Sans jamais démâter,
J’ai vidé plus d’un tonneau
Sans jamais me saouler,
J’ai hissé la grand-voile et le foc.
J’ai ramé souvent, assis au fond de ma coque :
C’était, je vous l’ai dit, une autre époque !
Je m’appelle Ulysse et je suis fâché
De revoir ma mer si abîmée.
J’aimais entendre le chant des sirènes
Mais les voilà à présent qui crient leurs peines.
Elles voient flotter sachets plastiques et bouteilles
Dans la si belle rade de la cité de Marseille.
— Éole, souffle, souffle, pour laver mes océans !
— Sur l’échelle de Beaufort, fais-moi un fort coup de vent !
Je ne m’appelle pas Ulysse et je suis ici.
Je vogue vers le Frioul, vers le Vieux-Port, vers Carry.
Mon voilier m’emporte vers d’autres voyages
Au gré du vent, des courants et des nuages.
Les vagues en moutons et mes voiles gonflées
M’entraînent toujours vers l’étoile du Berger.

 

En savoir plus sur le dispositif ULIS ?

Si j’avais de l’argent

Avec des ados de la maison pour tous d’Ensuès-la-Redonne, pendant les vacances scolaires de Pâques 2012, écriture d’un Slam avec une représentation publique le 4 mai…

ensues-2-2012

Slammeur 1

Si j’avais de l’argent
Monsieur, vous m’avez dit à l’instant,
Que, lorsqu’on a de l’argent,
On peut tout faire indéfiniment,
Que tout nous arrive facilement,
Que l’on est heureux quotidiennement !
Alors, puisque j’ai un peu de temps
Slammez-moi donc votre raisonnement

Slammeur 2

Si j’avais de l’argent,
J’aurais des amis par milliers
Qui nageraient chaque dimanche dans ma piscine,
Mais uniquement en été,
Pas ceux que j’imagine,
Les vrais amis, ça ne s’achète pas !

Si j’avais de l’argent,
J’aurais la plus belle des petites amies.
Elle serait mannequin chez H et M,
Mascara, rouge à lèvres et fond de teint,
Pour un rien, elle me dirait « je t’aime »
Mais l’amour, ça ne s’achète pas !

Si j’avais de l’argent,
Je serais célèbre, je serais un roi.
J’aurais des fans tout autour
Pour me demander n’importe quoi.
Pourquoi me disent-ils pour rien bonjour ?
La célébrité, ça ne s’achète pas !

Si j’avais de l’argent,
Je serais intelligent.
J’aurais tous les diplômes
Pour me rendre intéressant.
Mais serais-je alors au summum ?
Car le savoir, ça ne s’achète pas !

Si j’avais de l’argent,
Le monde entier me respecterait.
Autour de moi, pas de bruit,
Je crois même qu’on se prosternerait
Plus pour ce que j’ai que pour ce que je suis,
Mais le respect, ça ne s’achète pas

Si j’avais de l’argent,
Je serais immortel, je serais un géant.
Je posséderais l’élixir de la vie éternelle.
Je ne craindrais personne, pas même ma maman !
Mais ma vie serait-elle plus belle ?
Car la vie, ça ne s’achète pas !

Si j’avais de l’argent,
Tout le monde me trouverait beau
Et me ferait des compliments.
Je serais quand même bien étonné
De l’être soudainement.
Car la beauté, ça ne s’achète pas !Si j’avais de l’argent,
Je m’achèterais un pays.
Je deviendrai empereur.
Je serais forcément élu à vie
Au risque de devenir dictateur !
Heureusement, un pays, ça ne s’achète pasSi j’avais de l’argent,
J’aurais des super pouvoirs
Pour sauver le monde,
Pour écrire une grande et belle histoire,
Avec de nouvelles bases profondes.
Mais les super pouvoirs, ça ne s’achète pas !Si j’avais de l’argent,
J’achèterais les montagnes,
J’achèterais les océans,
Les forets, la campagne,
Les rivières, les volcans.
Mais la Terre, ça ne s’achète pas !Si j’avais de l’argent,
Je serais bien élevé
Et rien à faire pour être poli.
Toujours propre, bien habillé,
Automatiquement, je dirais merci !
Mais les bonnes manières, ça ne s’achète pas !

Slammeur 1

Monsieur, finalement, vous me l’avouez !
Vous aurez beau être milliardaire
Et avoir le monde entier à vos pieds,
Je ne crois pas que ça fera l’affaire
et vous savez que vous vous ennuierez :
L’argent nous amène le plus souvent dans l’enfer
De la solitude, loin de la réalité.
Votre monde sera triste de toute manière
Puisque de gens mauvais vous serez entourés.
Vous les croirez sincères ?
Alors qu’ils ne penseront qu’à profiter !

N’oubliez jamais, je vous le réitère,
Les plus belles choses sur Terre
Ne s’achètent pas !

AVENIRS À VENIR

Avec des élèves de seconde du lycée Guy Debeyre à Dunkerque
avec l’aide du professeur Jean-Yves SAILLER.

PRINTEMPS POETES

L’âge des premières marches, aux premières pubertés
Art de jeunesse, synonyme de libertés,
Artistes de croissance.
Petit qui aura la meilleure part de sa vie pure,
Celle de l’insouciance et des sentiments durs,
Celle de l’espérance.
Sans qu’il y ait de mensonge, ni de haine,
Mon histoire sera encore lointaine,
Qui aura cette chance ?
Cause d’une maladie ? Un deuil ? Une guerre ?
Un beau jour, un enfant partagera sa colère
Qui aura cette malchance ?
Viendront les guérisons de vos blessures,
Les blessures du cœur sont les pires,
Au Diable l’impatience !
Ô le petit manège, tournera tout doucement.
Où tous les enfants aimeront monter dedans.
Avec leur innocence.
Né du silence dans la mort d’un murmure,
Une douce insouciance, dispersée de blessure,
Toujours en surveillance.
Condamné par la vie, qui jamais ne pardonne,
Un refrain incessant, que la douleur te donne,
Ma seule chance, l’espérance.
La raison était simple, pas besoin de le dire,
Que chaque année se consument, sans me rajeunir,
Ah quelle vie, quelle malchance !
Même s’il y aura beaucoup d’enfants maltraités,
Ils auront leur cœur sublime pour aimer,
Et arrêter cette souffrance.
Moi, enfant ce sera bac à sable avec la compagnie,
Moi, adulte, ce sera les sorties avec les amies.
Voila entrez dans la danse !
Enfant, ce sera meilleure amie pour la vie,
Adulte, paillettes et boîte de nuit,
Voila la différence !
Enfant, coups, blessures, et cicatrices des souvenirs qui m’envahissent,
Adultes, billets, bonheur liasse et amour une vie qui m’épanouissent,
Voila la vengeance.
Je cueillerai des tulipes, quand je serai petite,
J’en ferai un bouquet, c’est ma fleur favorite,
Et depuis ma naissance.
Le sable et les voitures seront des jeux pour les enfants,
Et l’école sera un jeu pour les parents
Ça sera l’évidence !
Quand je serai grande, je jouerai à la marelle,
En lançant un caillou j’atteindrai le ciel,
Dans une folle danse.
Quand on est gamin, on mange des petits pois.
C’est dans ces moments là, qu’on étouffe de joie.
Mais un jour l’échéance !

J’aimerai tant avoir vécu ce que je suis
Sans vivre avec toutes ses qualités d’aujourd’hui
Mes souvenirs d’enfances.

lycéeGuyDebeyre

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Carnoux et le collège Saint-Augustin : les élèves se sont jetés dans l’écriture par petits groupes de nouvelles fantastiques.

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